El Cinse à Bèdots
Bergerie fromagère biologique et camping à la ferme
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La ferme et son histoire récente
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La ferme et son histoire récente


L’histoire.

Au départ, rien ne semblait prédisposer Philippe et Salvina Bodson-Marredda à devenir agriculteurs. Philippe est éducateur de formation, Salvina est graduée en droit. Ils se sont mariés en 1983. Un an plus tard, ils achètent une maison avec une dizaine d’ares de terrain à Waha, dans l’entité de Marche-en Famenne, et pour entretenir le terrain, ils font l’acquisition d’une brebis et de son agnelle. Il faut croire qu’elles étaient porteuses du virus de l’élevage et qu’elles ont contaminé le jeune couple. En effet, ce fut le début d’un cheminement où ils avaient tout à apprendre. Après  17 années d’expérience(s) en élevage ovin, de tâtonnements fromagers et deux déménagements, ils acquièrent la petite ferme qui deviendra «El Cinse à Bèdots ». Ils s’y installent avec leurs enfants et leurs animaux, parmi lesquels 25 brebis laitières.

En 2002, Philippe devient officiellement agriculteur, d’abord à titre complémentaire, puis, en 2004, à titre principal. En 2005, ils entreprennent la reconversion de leur exploitation à l’agriculture biologique. En fait, il leur a suffit de changer de fournisseur d’aliments pour répondre aux critères de l’agriculture biologique, leur pratique antérieure excluant déjà l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides.

La ferme

Il s’agit d’une ancienne ferme en pierre du pays. La date de sa construction est inconnue. Jusqu’en 1910, elle formait un ensemble avec l’habitation sise au n°7 de la rue. Il s’agissait d’une ferme à vaches et a du être adaptée à l’élevage ovin par les propriétaires actuels.

 Elle couvre 6ha39 de terrain (dont 3 attenants aux bâtiments) occupés par des pâtures et des prairies de fauche. Les haies entourant les terrains ont été conservées, et il est prévu de reconstituer les morceaux manquants afin de préserver la biodiversité.

Le troupeau.

Il comporte actuellement environ 50 brebis appartenant à la race « mouton laitier belge ». Ces brebis sont issues d’un troupeau laitier constitué au départ d’une petite dizaine de brebis de races indéterminées, achetées de-ci de-là, et probablement originaires du bassin méditerranéen. Depuis maintenant 7 ans, le bélier, changé tous les 1 à 2 ans, est un laitier belge, de sorte que, de génération en génération, l’ensemble du troupeau acquiert  les standards de la race,tout en gardant une rusticité correcte héritée des brebis d’origine.

L’alimentation.

L’été, les brebis pâturent les prairies entourant la ferme. Celles qui sont gestantes, allaitantes ou traites reçoivent un complément constitué d’un mélange de céréales (triticale, avoine et pois), de pois, de féveroles, d’avoine, de lupin, d’épeautre et de maïs. Le triticale, l’avoine et le maïs apportent principalement de l’énergie, l’épautre apporte de l’énergie, des fibres et des minéraux, les pois, les féveroles et le lupin apportent un supplément de protéines.

L’hiver, comme elles ne peuvent pas pâturer, outre le complément concentré, elles reçoivent du foin produit sur l’exploitation. Par le passé, elles ont également reçu des betteraves fourragères qui leur permettaient de consommer des aliments frais et stimulaient la lactation. Cette année, elles n’ont pas pu en bénéficier, la législation ne permettant plus d’introduire un pourcentage d’aliments conventionnels dans la ration. Or, les betteraves fourragères biologiques sont introuvables sur le marché.

Les fromages et autres produits laitiers.

A partir du lait des brebis, Salvina  fabrique la « Tomme de l’Eau d’Heure », le « Cerfontaine », de la maquée entière, de la ricotta et du yaourt. Hormis le yaourt et la ricotta qui nécessite une montée en température, tout est réalisé au lait cru.

La « Tomme de l’Eau d’Heure » est un fromage issu d’un caillé présure, à pâte pressée, salé en saumure et à croûte non lavée, affiné pendant 3 semaines à 10 mois sans adjonction de micro-organismes de culture, dans une cave en pierre et brique. La flore naturelle de la cave se charge seule de sa maturation. C’est ce dernier point qui en fait un produit unique et indissolublement lié à son terroir. Elle est vendue fraîche (sans affinage), jeune, mi-vieille ou vieille…

Le « Cerfontaine » est fabriqué à partir d’un caillé lactique et ne subit pas d’affinage. Son goût est légèrement acide. Il est vendus « nature » ou assaisonné aux 8 plantes, au thym et miel, au poivre 4 saisons, aux poivrons rouges, à l’échalotte ou à la ciboulette.

La Ricotta un produit d’origine italienne. Elle est fabriquée à partir du lactosérum provenant de l’égouttage du caillé présure. Le lactosérum, additionné de 10 à 20% de lait est chauffé, ce qui provoque la coagulation des protéines qui ne l’ont pas été lors du caillage. Ces protéines sont récoltées à l’aide d’une écumoire, mises en moule et égouttées. La ricotta est onctueuse, son goût est très doux.

La maquée entière est vendue en ravier de 250 gr

Les yaourts au lait entier, plus acides que ceux généralement disponibles dans le commerce ont un goût qui rappelle ceux d’il y a quarante ans, hormis le parfum de la brebis qui remplace celui de la vache.

La commercialisation

Elle s’est d’abord effectuée essentiellement sur des marchés fermiers et foires artisanales. Cette manière de procéder comportait plusieurs inconvénients. Elle prenait beaucoup de temps, nécessitait de longs déplacements en voiture (avec une remorque) et entraînait donc une consommation élevée de gasoil. Il était impossible de prévoir quelle quantité des différents produits seraient vendus, et ce qui n’avait pu être écoulé finissait sur le fumier, le laps de temps entre deux foires dépassant souvent la durée de conservation de la marchandise.

Ce fut toutefois un passage obligé pour faire connaître les produits auprès du public et des commerçants.

La certification « biologique », une participation au salon « Valériane », les contacts noués grâce au travail du G.A.L. de l’Entre-Sambre-et-Meuse et le fait de figurer sur différents sites permirent heureusement de faire entrer la production « d’el Cinse à Bèdots » dans différents magasins spécialisés de la région (biologiques ou de terroir).

Diversification.

Cette réussite commerciale ne suffit pourtant pas à assurer une rentabilité à l’exploitation. C’est pourquoi un camping à la ferme a été aménagé dans la prairie juste derrière les bâtiments.

L’avenir…

A plus de 50 ans, on se pose la question de la reprise de l’exploitation. Dans ce cas-ci, il existe bien un volontaire (très) motivé: Laurent, le fils de la famille. Il est littéralement passionné par la ferme et s’y investit corps et âme. Mais voilà, Laurent souffre de trisomie 21 et ne pourrait donc pas accomplir seul toutes les tâches nécessaires. De plus, Rebecca, leur fille de quinze ans est elle aussi handicapée.

De là est née l’idée d’ouvrir « El Cinse à Bèdots » à d’autres personnes porteuses d’un handicap qui pourraient, elles aussi, y trouver un lieu de vie et un lieu où se rendre utiles au travers d’un travail . Un projet de centre résidentiel pour personnes handicapées mentales adultes est donc né, basé sur les activités de le ferme, la transformation de ses produits et le développement des potentialités des bénéficiaires dans tous les aspects de leurs personnalités. L’asbl « les trwès bèdots » a donc été constituée à cette fin. Elle devrait accueillir entre 12 et 24 bénéficiaires pour autant qu’elle puisse réunir les moyens financiers indispensables.